L’acide hyaluronique nouveau est arrivé

L’acide hyaluronique a longtemps constitué un espoir de soulagement. Un espoir souvent déçu. Les choses ont-elles changé avec l’arrivée sur le marché de nouvelles préparations présumées plus efficaces? On fait le point!

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A l’origine, on récupérait l’acide hyaluronique dans un broyat de crêtes et de jabots de poules récupérés dans les abattoirs. Aujourd’hui, on peut aussi le synthétiser en soumettant des bactéries à de fortes pressions ou en laissant simplement fermenter certaines céréales. Pour certains spécialistes, il s’agit d’outils précieux. D’autres sont d’un avis contraire. Pour eux, les bénéfices se révèlent bien maigres et les succès respectifs de ces deux substances reposent surtout sur le marketing.

La caractéristique de l’arthrose est d’appauvrir le liquide synovial en acide hyaluronique, donc en lubrifiant. Au stade ultime, ce liquide devient comme de l’eau et tout cela grince lors des mouvements. L’idée de la viscosupplémentation est donc de revenir à la consistance « normale » de ce liquide. On introduit un lubrifiant dans l’articulation pour réduire les frottements douloureux os contre os après la fonte des cartilages. l’acide hyaluronique peine à résister à l’inflammation et disparaît de l’articulation très rapidement (2-3 jours). De ce fait, le bénéfice qu’on tire de l’opération, hors placebo, est très aléatoire. Une étude chinoise avait très bien montré cela en 2017. Elle statuait que le traitement à l’acide hyaluronique réduisait la douleur chez des patients souffrant de coxarthrose (arthrose de la hanche). Puis ses auteurs facétieux ajoutaient dans leur conclusion: l’eau sucrée aussi!

Le défi des chercheurs consistait donc à trouver une formulation qui rend l’acide hyaluronique moins instable. Dans un premier temps, ils travaillèrent sur le poids moléculaire. A présent, on s’intéresse davantage à sa structure. Il semble que les chercheurs soient parvenus à leurs fins en créant des ponts de « réticulation » pour solidariser les molécules entre elles. Ce faisant, elles restent plus longtemps dans l’articulation. Un vrai progrès! S’il se confirme, cela signifie qu’on disposerait enfin d’un traitement efficace contre l’arthrose alors que cette maladie avait épuisé l’imagination des chercheurs. Mieux même! Selon des travaux récents, ces préparations à base d’acide hyaluronique réticulé pourraient stimuler les cellules fibroblastes chargées de produire du nouveau cartilage. Elles auraient donc un effet thérapeutique en plus de leur effet palliatif. Ces résultats favorables ont cependant été enregistrés dans le cadre de protocoles précis d’opération dite « à sec », c’est-à-dire qu’on a précédemment nettoyé le genou de toute trace d’inflammation. Ensuite, le stade de la maladie est à prendre en compte. Elle pourrait stopper le cours de la dégradation aux stades précoces (1 et 2). Certains médecins du sport évoquent même une utilisation à titre préventif chez des sportifs d’élite dont le profil ou le passé familial laisse penser qu’ils risquent de développer la maladie. Dans le tout venant de la population, on ne trouvera personne prêt à débourser plusieurs centaines d’euros par mois pour une protection aussi hypothétique. Même au stade d’arthrose 1 et 2, on rechigne généralement le plus souvent à prendre le problème au sérieux. Rappelons que le cartilage est un tissu particulier à la fois autonome et insensible. Les débuts d’une dégénérescence sont donc indolores et on ne commence à souffrir vraiment qu’à partir des stades 3 et 4. A ce moment-là, le résultat est alors beaucoup plus incertain, même s’il arrive régulièrement que les médecins constatent des discordances entre une radiographie montrant un stade très évolué et le ressenti très positif du patient suite à une injection. Moralité? Oui, les nouvelles formules d’acide hyaluronique sont porteuses d’espoir. Non, rien ne garantit un réel effet probant chez tous les patients.

Gilles Goetghebuer avec l’aide du docteur Christian Daulouède

Lisez l’article complet dans le n°74

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