Préparez-vous pour la marche ou la course à pied sur une des plus belles promenades de la province de Liège ou de Wallonie. La Venntrilogie est un sentier de grande randonnée de 109 km situé dans les Cantons de l’Est en Belgique. Labellisée « Leading Quality Trail – Best of Europe », elle se parcourt en six étapes pour traverser les trois paysages fagnards du nord au sud. Vous pouvez retrouver tous les détails pratiques sur le site officiel de Visit Wallonia (lien ci-dessous). Ci-dessous, un extrait du magazine Zatopek 79!
Voyage au bout de la Belgique
Située au sud de la Belgique, la Wallonie recèle des trésors que ne soupçonnent pas les habitants des pays voisins: France, Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas. Même les Belges ignorent souvent cette richesse. Dans ce numéro, nous mettons le cap vers l’est pour découvrir quelques-uns de paysages les plus surprenants du royaume.
Depuis plusieurs années, les cyclotouristes empruntent la Vennbahn, une route touristique longue de 122 kilomètres qui traverse la Belgique orientale suivant l’itinéraire d’une ancienne ligne de chemin de fer entre Aix-la-Chapelle et le Grand-Duché du Luxembourg. Un régal pour les amateurs de vélo. Et pour les marcheurs? Pour ne pas faire de jaloux, un circuit leur est aussi dédié désormais: la « Venntrilogie ». Il débute au point dit des « Trois-Frontières » là où se rencontrent les territoires de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas et il conduit jusqu’au village de Butgenbach, 109 kilomètres plus loin. Ce circuit est divisible en six tronçons de difficultés équivalentes qui permettent de découvrir en alternance des zones de nature admirablement préservées et les fastes des anciennes capitales industrielles: Eupen pour la laine, Malmedy pour le papier, Verviers pour les draps. Pourquoi de nom « Venntrilogie »? Ici, le terme « trilogie » indique qu’en dépit de leur proximité géographique, on passe par trois biotopes différents: la région d’Eupen, une partie des Hautes Fagnes et la vallée de la Warche. Quant à « Venn », il signifie tout simplement « Fagnes » en allemand. Car, oui, nous nous situons ici dans la partie germanophone de la Belgique.
Vivi en la Kamparo
Pour une première approche de la Venntrilogie, nous avons parcouru les 55 kilomètres des trois étapes du tronçon entre Eupen et Robertville. Tout commence donc gare d’Eupen et nos premiers pas entre ville haute et ville basse qui permettent de se familiariser avec la signalétique. Dans le train, on a évidemment pris soin de lire le « Guide de randonnée officiel » qui nous aura appris un tas de choses, notamment que la région fut jadis le centre mondial de l’espéranto. Dans cette langue, « Vive la Campagne » se dit « Vivi en la kamparo ». Nous voici donc partis entre landes et tourbières, foulant au pied des terres tantôt meubles et spongieuses, tantôt des chemins en caillebottis par-dessus les marais. La première partie de la balade est relativement plane. Cela se corse lorsqu’on pénètre les Hautes Fagnes et par exemple qu’on emprunte le canyon que le ru du Tros-Marèt a creusé dans la roche pendant des millénaires. A vrai dire, on ne s’attendait pas un tel décor avec en point d’orgue le cascade de Bayehon où l’eau teintée de rouge par l’accumulation de fer tombe d’une hauteur de neuf mètres. Voici à présent le signal de Botrange, le point culminant de la Belgique avec ses 694 mètres d’altitude et même 700 mètres si l’on prend soin de grimper en haut de la butte Baltia. Le panorama est sublime. On l’admire sans trop tarder car la route est longue jusqu’à Robertville et son célèbre château de Reinhardstein juché sur son promontoire rocheux inaccessible en voiture. C’est le château le plus haut de Belgique, l’un des plus ancien (1354) et des mieux conservés. La visite donne l’impression curieuse d’un tourisme d’effraction comme si on avait profité de l’absence des seigneurs, probablement partis à la chasse, pour investir les lieux. Dans un tout autre style, songez aussi à prévoir une pause auprès du lac artificiel de Robertville qui possède deux lieux de baignade. Parfait pour nos pieds fatigués!
Gilles Goetghebuer