Au-delà du mur : Valérie à tout prix

Parfois, le vrai défi sportif d’une vie n’est pas de courir plus vite ou plus longtemps mais de pouvoir marcher, tout simplement marcher.

Rien ne prédestinait Valérie à devoir affronter une telle difficulté et sans doute n’y songeait-elle pas non plus après s’être salement tordu la cheville en descendant d’un trottoir en avril 2014. Certes, la blessure était sérieuse et nécessitait une intervention chirurgicale pour fixer les morceaux. Mais on lui avait prédit que tout allait guérir en quelques semaines. Dix ans plus tard, elle souffre encore. La cause? Valérie a été victime d’un syndrome mystérieux appelé algoneurodystrophiequi se caractérise par la persistance de l’inflammation longtemps après la période normale de cicatrisation. L’articulation reste rouge, chaude et surtout très douloureuse.

Les médecins n’expliquent pas ce phénomène qui peut survenir chez tout le monde. Il y a quelques années, une algoneurodystrophie avait mis fin à la carrière du footballeur professionnel français Alexandre Licata. A son tour, Valérie témoigne que la douleur au quotidien est tout bonnement insupportable. Elle se déplace en béquilles. Sa cheville, devenue hypersensible, ne supporte pas le moindre contact. Hiver comme été, elle porte des ballerines sans chaussettes et retrousse les pattes de son pantalon. Elle parle d’élancements en “coups de poignard” ou de sensations de brûlure telles qu’on en perd son acuité visuelle.

Tout devient flou autour de soi. La maladie l’a contrainte à adapter les conditions dans lesquelles elle exerce son métier d’enseignante. Les années passent. Les maux persistent. Valérie refuse pourtant de s’avouer vaincue. Le déclic survient lorsqu’elle réalise que l’effort physique apaise ses crises plutôt que de les amplifier. Elle ne faisait pas de sport précédemment. Prudemment, elle commence un programme de marche afin de participer au Morat-Fribourg, la doyenne des classiques. En octobre 2023, elle rejoint un groupe de coureurs à pied. Encouragée par une coach bienveillante et un groupe solidaire, elle découvre la force du collectif. Deux ans plus tard, pour ses 40 ans, elle s’attaque au marathon de Genève. Son objectif n’est pas le chrono mais de se prouver qu’en dépit de tous ses malheurs, elle pourra tenir jusqu’au bout.

Aujourd’hui, Valérie s’entraîne trois à quatre fois par semaine, ce qui lui permet d’espacer les crises. Elle prépare le marathon d’Edimbourg et le Swiss Peaks Trail. Son témoignage authentique et touchant est à écouter en intégralité sur le site www.audeladumur.ch.

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