Au-delà du mur : à ne manquer sous aucun prétexte!

Francisco “Cisco” Taboada est député au Grand Conseil de Genève. Un épisode de podcast de la série Au-delà du mur lui est consacré et on encourage tous les amoureux de la course à pied à l’écouter car Cisco concentre en sa personne tout ce que l’on aime dans ce sport, à commencer par l’épanouissement que procure le simple fait de surmonter les difficultés de la vie. Or cet homme est un modèle de résilience.

Aveugle très jeune à la suite d’un accident domestique, il a passé les premières années de sa vie, transbahuté d’une clinique à l’autre, dans un univers sonore qui est celui des interminables couloirs de ces hôpitaux, des salles opératoires, du jargon médical et des bruits des machines. Une enfance cabossée dont il a gardé beaucoup de cicatrices et surtout une idée fixe : ne jamais se plaindre en jouant le rôle du “pauvre petit aveugle”. Il découvre le sport à 18 ans. C’est un déclic. Après des années de mise en garde de ses médecins contre les dangers du moindre effort physique, il n’est pourtant pas en très grande forme. Il pèse 92 kilos et n’a jamais considéré son corps autrement que comme un terrain de souffrance. Là, il découvre le plaisir que l’on éprouve à bouger. Tout simplement bouger. Il change d’alimentation, ce qui lui fait perdre environ 30 kilos en un an. Il se met au tandem.

En 2000, il est sélectionné au sein de l’équipe suisse pour participer aux Jeux paralympiques de Sydney. Ensuite, c’est la course à pied qui le fascine. Sur piste ou sur route. Du 800 mètres au marathon. Il enquille les records de Suisse! Lorsqu’il ne court pas, c’est pour mener avec brio ses activités professionnelles d’entrepreneur et bientôt ses premiers mandats politiques. Son crédo? Combattre ce qu’il appelle “l’excusite”, une maladie moderne qu’il définit comme “le réflexe de trouver des bonnes raisons de ne pas agir : fatigue, météo, agenda surchargé, légère douleur, coup de déprime, etc.”

Selon lui, l’enjeu n’est pas de nier les difficultés qui se profilent à l’horizon de chaque nouveau projet mais de ne pas se laisser vaincre par elles. Il parle en connaissance de cause. Outre la cécité, il a dû faire face à bien des déceptions au cours de sa carrière comme lorsqu’il a loupé de justesse sa sélection pour le marathon des Jeux de Tokyo en 2021 ou, beaucoup plus grave, lorsque, deux ans plus tard, on lui a diagnostiqué un mélanome à l’œil qui l’a obligé à mettre son activité sportive entre parenthèses. A chaque mauvaise nouvelle, il s’autorise ce qu’il appelle “un gros coup de blues”. Puis il relève la tête pour retrouver son niveau d’avant et se fixer des nouveaux objectifs comme de participer aux marathons de Zurich, Berlin et, pourquoi pas, Los Angeles. Avec son association Francitius, il forme des guides pour accompagner des personnes déficientes visuelles et notamment leur permettre de courir. Il explique tout cela dans une interview à écouter dans son intégralité sur le site www.audeladumur.ch.

Partager sur

Leave a Reply

Dernières news