Courir moustachu contre le cancer de la prostate
En course à pied, on connaissait l’expression « octobre rose » pour désigner les campagnes de sensibilisation aux maladies féminines comme le cancer du sein qui ont lieu en octobre. On connaît désormais son pendant masculin, « novembre bleu ». Cette fois, on attire l’attention sur des maux spécifiquement masculins au premier rang desquels on trouve évidemment le cancer de la prostate. Chaque année, près de 60.000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France pour quelque 10.000 décès. C’est le troisième cancer le plus meurtrier pour l’homme derrière le poumon et le côlon. Or la course à pied protège de ce cancer. Notamment parce qu’elle libère des agents immunitaires, les myokines, qui combattent les cellules malignes. A la fin de l’année 2025, des chercheurs italiens ont prélevé des échantillons sanguins de personnes en bonne santé, avant, immédiatement après puis trois heures après une sortie de 5 kilomètres et 10 kilomètres. Ils ont ensuite mis ce sérum en contact avec des cultures en 3D de cellules tumorales prostatiques. Verdict: le sérum prélevé trois heures après l’effort a montré l’impact le plus puissant, provoquant une diminution du volume des tumeurs de 42,6 % après les 5 kilomètres et de 51,1 % après les 10 kilomètres. Et ce n’est pas tout. La course protège aussi de ce cancer par l’effet du « stress par cisaillement mécanique ». Voilà qui mérite une explication. L’accélération du débit sanguin à l’effort crée une friction physique au sein de l’organe, évitant ainsi la migration tant redoutée des cellules tumorales. Il y a aussi la piste de l’épigénétique. Pratiquée régulièrement, la course à pied modifie l’expression de nos gènes de manière positive. Sans entrer dans les détails, disons qu’elle active les gènes suppresseurs de tumeurs qui forcent les cellules anormales de la prostate à s’autodétruire – on parle d’apoptose – au lieu de se multiplier. Enfin, la course permet d’abaisser ou de maintenir à des niveaux bas son cholestérol. On prive ainsi les récepteurs de la prostate du « carburant » nécessaire à la progression de la tumeur. Quelle est la dose idéale? Selon l’organisation américaine Prostate Cancer Foundation, il faut faire entre 75 et 150 minutes de course à pied par semaine, sans oublier d’inclure quelques exercices plus intenses pour maximiser les pics de myokines. Plusieurs courses caritatives sont donc organisées sur ce thème en novembre, notamment les célèbres Bacchantes où le port de la moustache (vraie ou fausse) est plus que recommandé! Il y a aussi la Courstache dont l’objectif est également de collecter des fonds pour la recherche. Sans oublier les Courses des Lumières qui se déroulent la nuit. Chaque participant est porteur d’un bâton lumineux qui symbolise l’espoir. Citons enfin le Novemb’Run lancé par l’Association Française d’Urologie (AFU) dont la première édition aura lieu le 22 novembre avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris.
Agenda de courses à venir
25/10 – La Courstache Aubière – 5 km et 10 km
08/11 – Les Bacchantes Toulouse – 8 km (et Marche 4 km)
10/11 – Les Bacchantes Paris – 8 km
15/11 – Les Bacchantes Aix – 8 km (et Marche 6 km)
21/11 – Course des Lumières (Paris) – 4 km et 8 km
22/11 – Novemb’Run – Paris – 5 km et 10 km
22/11 – La Courstache Montpellier – 4 km et 8 km
Référence : Running session-conditioned human serum lowers prostate cancer cell spheroid formation, dans Journal of Cancer Research and Clinical Oncology, 2025