La course à pied n’a jamais été aussi populaire. Partout à travers le monde, on court. Mais quelles sont les villes les plus “runner’s friendly”. Zatopek Magazine a mené l’enquête.
Tous les trois mois, le magazine Zatopek fait la démonstration qu’on peut parler de course à pied de façon surprenante, instructive, drôle et même émouvante quelques fois. À découvrir absolument pour tous ceux qui sont déjà coureurs. Et tous ceux qui ambitionnent de le devenir.
Presque toutes les grandes villes à travers le monde prennent des initiatives pour encourager la pratique de la course à pied en leur enceinte. Elles proposent des cartes avec les itinéraires les plus prisés par les coureurs du cru. Elles organisent des courses urbaines. Elles aménagent les parcs et les jardins. Certaines proposent même des circuits touristiques pour allier sport et culture.
Des projets similaires fleurissent partout. Certains se démarquent tout de même par leur imagination.
Helsinki
Commençons avec la capitale finlandaise, où le coureur Emil Zatopek a remporté ses trois médailles d’or aux Jeux olympiques de 1952 et a acquis cette gloire immense qui explique le nom du Magazine Zatopek.
La “Ville Blanche” propose de nombreux parcours en bord de mer dont les noms ne sont pas faciles à retenir (Töölönlahti, Kaivopuisto) mais qui présentent l’avantage énorme d’être éclairés car la nuit tombe vite en hiver dans les pays septentrionaux.
Vienne
Les habitants de la capitale autrichienne possèdent un tas de raisons d’être fiers de leur ville et du rôle central qu’elle a joué dans l’histoire de la musique, de la peinture, de la littérature. Plus une ! En octobre 2019, c’est Vienne que le coureur kényan Eliud Kipchoge avait choisi entre toutes les villes pour accomplir la performance inouïe d’être le premier à couvrir la distance d’un marathon en moins de deux heures. Cela se passait dans les allées longilignes du parc Prater, un circuit calibré de 352,6 mètres sans le moindre dénivelé et totalement protégé du vent. Un endroit à ce point connu des coureurs qu’on peut même s’y rendre sans équipement et se faire prêter des chaussures sur place.
Bruxelles
Chose bizarre pour une ville aussi congestionnée mais Bruxelles se trouve souvent bien placée dans les classements des villes où il fait bon courir, notamment parce qu’elle est la seule capitale européenne bordée d’une vaste forêt (4300 hectares), la forêt de Soignes, qui offre un formidable terrain de jeu pour les coureurs épris de nature. La ville est aussi très verte avec ses 27 parcs et autant d’itinéraires de course à pied parfois balisés comme l’est aussi “la promenade verte” qui fait le tour de Bruxelles (60 kilomètres) en empruntant un minimum de bitume et un maximum de sentiers. Un mot encore sur le bois de la Cambre, l’un des spots les plus fréquentés de la capitale avec notamment un circuit qui longe le lac sur 1470 mètres. Détail amusant : le temps qu’on réalise sur ce parcours est à la seconde près, celui qu’on fera aussi dans un stade d’athlétisme sur 1500 mètres. Les 30 mètres manquants sont compensés par le très léger dénivelé.
Amsterdam
Le Vondel Park ! Ce magnifique endroit est très apprécié des coureurs en raison notamment des marquages au sol pour donner des repères de distance et donc des vitesses.
New York
S’il fallait élire l’endroit le plus emblématique pour la course à pied dans le monde, ce serait sûrement Central Park à New York qui serait désigné, notamment parce qu’il a servi de décor pour de nombreuses scènes mythiques au cinéma. À commencer par les cavalcades de Dustin Hoffman dans le film Marathon Man de John Schlesinger, sorti en 1976. Moins connu, c’est également ici qu’est né le premier marathon de New York en 1970. A l’époque, il n’était pas question de circuler dans les rues avoisinantes réputées trop dangereuses ! Les 127 concurrents présents (55 à l’arrivée) ont fait plusieurs boucles dans Central Park, empruntant notamment la voie principale appelée Park Drive qui fait 8 kilomètres et qui se trouve sévèrement compartimenté : cyclistes, coureurs, rollers, promeneurs.
Si l’on cherche plus de tranquillité, il existe aussi une multitude de petits chemins de traverse.
Budapest
Moins connu que Central Park – quoique ! – Budapest possède aussi un écrin naturel au centre-ville très prisé des coureurs. Il s’agit de l’île Marguerite (ou Margit-sziget en hongrois) sur le Danube où tout est aménagé pour eux, notamment un revêtement meuble pour soulager les articulations, de nombreux points d’eau ainsi que des infrastructures spécifiquement pensées pour l’échauffement avant la séance et les étirements après.
Tokyo
Tokyo compte 14,3 millions d’habitants pour une superficie d’à peine plus de 2000 kilomètres carrés, ce qui en fait l’un des endroits les plus densément peuplés de la planète. Pourtant, les équipements sportifs foisonnent. Partout, on trouve des distributeurs d’eau. Les toilettes publiques sont à la fois très nombreuses et très propres, ce qui surprend lorsqu’on arrive du Vieux Continent. Il existe même des cabinets transparents mais qui cessent de l’être dès qu’un visiteur entre et verrouille la porte.
Doha
Au Qatar, on connaissait déjà les stades de foot climatisés. Certains parcs le sont également comme celui d’Umm Al Seneem, au sud de la capitale Doha. Sur place, on a réservé aux coureurs une sorte de tunnel circulaire d’un kilomètre de long qu’ils peuvent parcourir autant de fois qu’ils le veulent. Dix climatiseurs puissants pulsent en permanence de l’air frais pour maintenir la température à 26°C et des brumisateurs géants entretiennent une végétation luxuriante. But de l’opération ? Là encore, il faut endiguer l’explosion de l’obésité dans le pays (40 % de la population) en permettant à un maximum de citoyens de faire du sport.
Où courir ? Où ne pas courir ?
Running Heroes est une association française qui fait la promotion de la course à pied dans toutes les tranches de la société par le biais d’initiatives variées comme d’offrir des cadeaux à ses membres les plus actifs. Running Heroes propose aussi ses conseils, ses programmes d’entraînement, ses défis connectés, toujours dans le but de rendre la pratique du sport plus ludique et conviviale.
En collaboration avec l’association Air France Running, elle a entrepris récemment de classer les villes selon un indice “running friendly” qui doit refléter l’accueil plus ou moins favorable réservé aux coureurs. Bien sûr, cet indice dépend lui-même d’une série de paramètres évalués indépendamment les uns des autres par ceux qui ont l’habitude de courir partout sur la planète.
Premier critère : la qualité de l’air. Normal ! On peut être dans le plus bel endroit du monde, si l’on est privé d’air pur, impossible de vivre l’expérience sereinement.
Ensuite, viennent les autres paramètres : le climat, la présence d’espaces verts, la circulation et, plus difficile à apprécier, l’esprit de la cité (est-on tenté d’y courir ou pas du tout ?).
Chaque critère a fait l’objet d’un classement spécifique pour plusieurs centaines de villes, petites et grandes et sur la base de ces résultats, les auteurs ont sélectionné douze villes particulièrement “friendly” en prenant soin toutefois de n’en retenir qu’une par pays. Ensuite, ils ont comparé les villes entre elles, ce qui a permis d’établir le classement ci-dessous. Chaque point correspond à sa place dans la hiérarchie des cinq classements respectifs, ce qui explique l’ordre décroissant d’excellence.
- Canberra : 13 points
- Wellington et Zurich : 20 points
- Vienne : 23 points
- Copenhague : 25 points
- Reykjavik : 36 points
- Helsinki : 37 points
- Munich : 39 points
- Stockholm : 43 points
- Tallinn et Oslo : 47 points
- Ottawa : 49 points
